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Vous pouvez participer à la meilleure connaissance de la faune du département en envoyant vos relevés d'observation.
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 V. Chansigaud À moins d'un effort d'inventaire disproportionné et onéreux, il est impossible d'inventorier de manière exhaustive l'ensemble des groupes faunistiques présents sur le territoire des Hauts-de-Seine. C'est la raison pour laquelle il a été décidé de limiter pour l'instant ce travail aux groupes les mieux connus, relativement faciles à recenser. Les groupes les mieux connus L'atlas présente de façon exhaustive les groupes les mieux connus qui constituent la majorité des espèces observées et pour lesquelles des données écologiques sont disponibles :
- mammifères,
- amphibiens,
- reptiles,
- oiseaux (sédentaires et migrateurs),
- poissons,
- criquets, sauterelles et grillons (orthoptères),
- papillons de jour (rhopalocères),
- libellules (odonates).
Ces groupes comprennent également les espèces exotiques.
Les autres groupes Des groupes d'invertébrés moins connus au niveau du département n'ont pas été présentés de façon exhaustive, principalement par manque de connaissances. Certaines généralités concernant les groupes les plus remarquables (mollusques, arachnides, coléoptères, crustacés) sont présentées dans ce chapitre. Toutefois, des fiches spécifiques ont été réalisées pour les espèces les plus remarquables présentes dans ces groupes (ex. : écrevisse à pattes rouges, lucane cerf-volant, mante religieuse, etc.).
L'atlas comprend pour l'heure :
- une présentation générale des arachnides,
- une présentation générale des crustacés,
- une présentation générale des insectes,
- une présentation générale des coléoptères,
Au total, plus de 400 espèces présentes au sein du département sont présentées. La nomenclature utilisée est celle de l'Inventaire national du patrimoine naturel (INPN).

Les insectes Les insectes (Insecta, du latin insectum, « coupé », « divisé ») sont des animaux invertébrés de l'embranchement des arthropodes. Leur corps, articulé, est divisé en 3 segments et 3 paires de pattes. Les insectes sont les seuls animaux du monde à avoir 6 pattes. Les 3 parties du corps sont :
- la tête : elle porte essentiellement les pièces buccales et des organes sensoriels (yeux, antennes et soies). Elle abrite le cerveau ;
- le thorax, lequel a une fonction essentiellement locomotrice. Il porte 3 paires de pattes et, le plus souvent, 2 paires d'ailes ;
- l'abdomen, lequel renferme les appareils digestif et reproducteur.
La durée de vie des insectes est très variable. Certains, comme les cigales, bouclent leur cycle en plusieurs années. D'autres, comme la drosophile (ou mouche à fruits), ne vivent que quelques jours. La grande majorité des insectes changent d'aspect durant leur croissance : cette transformation s'appelle la métamorphose. Les insectes se reproduisent par voie sexuelle ; la fécondation est interne. La femelle pond des œufs, dont sortent des larves. Celles-ci grandissent par mues successives jusqu'au stade adulte. C'est le naturaliste Carl von Linné qui proposa, au XVIIIe siècle, une classification du monde vivant, et fondit celle des insectes sur différents critères morphologiques (en particulier, la structure des ailes).
La classe des insectes regroupe une vingtaine d'ordres différents :
- coléoptères (scarabées, etc.),
- dermaptères (perce-oreilles),
- dictyoptères (cafards, mantes),
- diptères (mouches, syrphes, etc.),
- éphéméroptères (éphémères),
- embioptères,
- hémiptères (punaises, pucerons, cigales, etc.),
- hyménoptères (abeilles, guêpes, fourmis, etc.),
- isoptères (termites),
- lépidoptères (papillons),
- mécoptères (panorpes),
- mégaloptères,
- neuroptères (chrysopes, fourmilions, etc.),
- notoptères,
- odonates (libellules),
- orthoptères (sauterelles, etc.),
- phasmoptères (phasmes),
- phthiraptères (ricins, poux),
- plécoptères (perles),
- psocoptères (poux des livres),
- siphonaptères (puces),
- strepsiptères,
- thysanoptères (thrips).
Les insectes regroupent plusieurs millions d'espèces à l'échelle mondiale et plus de 35 000 espèces pour la France. La classe des insectes représente le groupe le plus important du règne animal. Les insectes jouent différents rôles dans la nature : pollinisateurs de nos fleurs et cultures, ils nettoient le sol, servent de nourriture, fertilisent le sol… Au sein des Hauts-de-Seine, quelques inventaires ont pu être réalisés ; ils ont essentiellement été ciblés géographiquement sur les ENS et espaces verts et sur certains groupes : les orthoptères, les odonates et les lépidoptères diurnes (rhopalocères).
Face à ce constat, il a été décidé pour la réalisation de l'atlas :
- de présenter sous forme de fiches l'ensemble des espèces observées sur le département pour les orthoptères, les odonates et les rhopalocères, soit plus d'une centaine de fiches ;
- de réaliser une fiche de généralités sur les coléoptères et des fiches spécifiques ciblées sur les espèces protégées et d'autres dites « patrimoniales »…
Les coléoptères Les coléoptères et les études environnementales
Texte de M. Jean Raingeard, président de l'ACOREP
Aujourd'hui, quand l'étude de notre environnement est envisagée, les expressions « biodiversité » et « développement durable » sont immédiatement utilisées. Mais les réalités qu'elles recouvrent sont différentes, même si elles sont indissociablement liées. La première désigne les composantes vivantes de l'environnement, la seconde l'évolution de ces êtres vivants soumis à des contraintes grandissantes, dont la pression des activités humaines.
La part des insectes (d'après Mayr, UICN 1995) Il convient donc avant tout de bien identifier cette biodiversité. Habituellement, il est assez facile de le faire pour des êtres très visibles et facilement reconnaissables. Ainsi les mammifères, les poissons, les batraciens et reptiles, les oiseaux et les plantes supérieures, dites « vasculaires », sont très bien répertoriés. Mais tous ensemble, ils ne représentent que 6 % de la biodiversité totale telle qu'on la connaît aujourd'hui, et il est certain que cette proportion ne peut que diminuer au fur et à mesure que la connaissance du reste du vivant s'affinera. Plus de la moitié de « ce qui reste » (58 %) est représentée par les insectes ou hexapodes, c'est-à-dire tous les animaux articulés munis de 6 pattes, qui rassemblent actuellement plus de 80 % des espèces animales répertoriées. L'estimation du nombre total des espèces d'insectes est l'objet d'approximations très variables. Jusqu'en 1986, on avançait un chiffre autour de 3 à 5 millions, mais des explorations plus poussées avec des moyens de prospection et d'étude plus performants amènent désormais à un total au-delà de 10 millions d'espèces. Pour ce qui concerne la seule France métropolitaine, il y aurait environ 35 000 espèces d'insectes, dont une dizaine de milliers pour les seuls coléoptères. Chaque année, plusieurs dizaines d'espèces nouvelles d'insectes sont identifiées par des spécialistes conscients de l'urgence des travaux à mener. En effet, nombreux sont ceux qui craignent qu'au train où vont les dégradations de certains milieux fragiles dans lesquels vivent ces animaux sauvages, il ne sera pas possible d'identifier ces millions d'espèces inconnues avant qu'elles ne disparaissent définitivement. Pour compliquer les choses, nous avons affaire à un groupe d'animaux parmi les plus ardus à dénombrer exactement, car la plupart sont très petits et toujours difficiles à étudier sur le terrain. Il est en effet impossible d'identifier à vue un coléoptère dans la nature, sauf exception, comme on peut le faire pour un oiseau, un papillon ou une fleur ; il est donc indispensable de le capturer pour l'observer en détail, presque toujours sous fort grossissement optique, ou encore de le sacrifier pour étudier son ADN. C'est le travail de l'entomologiste que de réaliser ces opérations minutieuses et il faut souligner que la compétence nécessaire pour le faire est rare ; peu de bureaux d'études qui viennent sur ce créneau en disposent. Il est en effet nécessaire de posséder une solide connaissance des espèces et d'avoir accès à une collection dite « de référence », ainsi qu'à une abondante documentation à jour pour déterminer avec certitude à quelle espèce on est confronté. Mais auparavant, il s'agit de faire sur le terrain des inventaires aussi précis et efficaces que possible, sans porter atteinte au milieu naturel, ce qui là encore exige de solides compétences. Toutefois, l'expérience prouve qu'il n'est pas possible au cours d'une même année d'observer beaucoup plus de 10 % des espèces d'insectes vivant sur un site déterminé, quels que soient les efforts déployés.
La diversité des familles d'insectes : les coléoptères sont majoritaires (J. Raingeard - ACOREP) En effet, certaines espèces ont des cycles sur plusieurs années, d'autres des périodes d'apparition extrêmement brèves liées aux variations du climat, voire à l'heure de l'observation. De plus, la plupart des espèces de coléoptères sont très discrètes, se dissimulant facilement dans leur milieu pour échapper à leurs prédateurs ; l'observateur doit donc être très expérimenté pour se montrer efficace. C'est pourquoi toute opération sérieuse de dénombrement doit faire l'objet d'un suivi sur plusieurs années et faire appel à des méthodes variées et complémentaires d'échantillonnage sur le terrain, indispensables à l'étude des spécimens récoltés afin d'en déterminer les espèces. En région parisienne, peu d'inventaires systématiques ont à ce jour été réalisés. L'association ACOREP-France (anciennement Association des coléoptéristes de la région parisienne) a entrepris en 1989 un Catalogue des coléoptères de la région parisienne, qui a depuis répertorié plusieurs centaines de coléoptères. Le département des Hauts-de-Seine est concerné par cet inventaire, mais de façon très partielle. Il convient de poursuivre cet effort de prospection, d'autant que ce département bénéficie d'espaces verts nombreux et de forêts importantes susceptibles d'abriter une faune très riche et encore mal connue. Pour ne donner qu'un exemple à proximité, un inventaire des coléoptères de Paris intra-muros, réalisé par un membre de la même association, a permis d'identifier plus de 900 espèces de coléoptères qui s'accommodent très bien des nombreux arbres, parcs, jardins et cimetières de Paris. De même, ACOREP-France, en collaboration étroite avec la Société entomologique de France, participe depuis 2007 à l'élaboration de l'Atlas de la biodiversité de la Seine-et-Marne, un effort très remarquable de la part du conseil général de ce département que font très bien d'imiter les autres organisations comparables. Quelques coléoptères remarquables Certains insectes remarquables, du fait de leur rareté relative ou de la protection légale dont ils bénéficient, ont été observés ou sont susceptibles de l'être dans le département des Hauts-de-Seine. En particulier, les coléoptères présentés ci-après sont à rechercher pour mieux connaître leur répartition dans ce département qui a été relativement mal étudié par les entomologistes. Cet effort d'investigation bénéficierait également aux autres insectes et permettrait en outre de mieux préserver leurs milieux de vie. Sont présentés également des insectes qui sont, au contraire des précédents, en expansion rapide dans notre région, soit du fait d'une introduction volontaire ou non, soit du fait des changements du climat qui provoquent actuellement des variations observables dans les peuplements d'insectes. Le grand capricorne (Cerambyx cerdo Linné, 1758) Dans le sud de l'Europe, c'est un insecte très commun dont la larve creuse des galeries dans le bois des vieux chênes. Au nord il devient très rare, au point qu'il a été classé parmi les insectes protégés par la loi. Dans les Hauts-de-Seine, il a été observé quasiment partout où poussent des chênes, par exemple à Vanves, où on en a vu récemment quelques-uns écrasés sur les trottoirs, et dans la plupart des forêts et parcs du département. Depuis de nombreuses années il est signalé en voie de disparition du fait de l'abattage des vieux arbres qui abritent sa larve. C'est un insecte remarquable aussi pour sa grande taille, puisque c'est le plus grand capricorne (famille des Cerambycidae) de France (25 à 53 mm).  Cerambyx cerdo Linné, 1758 (H. Bouillon / ACOREP) L'osmoderme ou pique-prune (Osmoderma eremita Scopoli, 1763) Cet insecte Scarabaeidae Trichinae, proche des cétoines, est lui aussi protégé par la loi. Il a connu une grande célébrité il y a quelques années au sud du Mans, quand les travaux de construction de l'autoroute A 28 ont été bloqués de longs mois du fait de sa présence dans un bois que devait traverser sa chaussée. Il vit en ÎIe-de-France et il n'a pas encore été observé dans les Hauts-de-Seine, pourtant cela ne veut pas dire qu'il n'y vive pas. En effet, il effectue son cycle vital complet quasiment sans jamais sortir des cavités fermées des vieux arbres (saules, chênes, bouleaux, etc.) dans le terreau desquels vit sa larve. Il sort toutefois de temps en temps en été, sans doute pour coloniser de nouvelles cavités d'arbres, ce qui explique son extrême rareté apparente. À l'inverse, il est très fréquent de le rencontrer avec ses nombreuses larves à l'intérieur des cavités des vieux arbres abattus par les forestiers.  Osmoderma eremita Scopoli, 1763 (D. Prunier / ACOREP) Le grand bupreste du hêtre (Eurythyrea berolinensis Herbst, 1780) C'est un insecte de la famille des Buprestidae, il est parmi les plus grands et les plus beaux de ceux qui vivent en France. Il vit en Île-de-France et sa présence dans les vieilles forêts des Hauts-de-Seine est possible. Sa larve est réputée vivre dans les hautes branches mortes des vieux arbres. Il est lui aussi protégé.  Eurythyrea berolinensis Herbst, 1779 (D. Prunier / ACOREP) La cétoine érugineuse (Cetonischema aeruginosa Drury, 1770) Cette belle cétoine, la plus grande de la faune de France, fait partie de la famille des Cetonidae. Elle a été observée dans le bois de Meudon en juillet. Elle aussi se développe dans les vieux chênes creux dans lesquels vit sa larve. Elle est donc très menacée par l'abattage des vieux arbres, malgré sa protection par la loi.  Cetonischema aeruginosa Drury, 1770 (H. Bouillon / ACOREP) La cicindèle à labre noir (Cicindela silvatica Linné, 1758) Les cicindèles sont des insectes Carabidae qui se rencontrent dans les zones découvertes des clairières et des allées forestières où elles chassent à vue. Leurs larves vivent dans des galeries verticales et capturent les insectes qui passent à proximité. Elles ont un envol très vif devant le promeneur et se posent quelques dizaines de mètres plus loin. La Cincidela silvatica vit en Île-de-France où elle est protégée, mais elle est très sensible à la fréquentation excessive par les visiteurs de son milieu vital. Présente dans les Yvelines, il est possible qu'elle vole dans les Hauts-de-Seine.  Cicindela silvatica Linné, 1758 (D. Prunier / ACOREP) La coccinelle chinoise (Harmonia axiridis Drury, 1770) Vendue aux particuliers au titre de la lutte biologique pour combattre les pucerons des jardins, cette coccinelle a été sélectionnée et élevée dans ce but, puis massivement introduite dans nos plantations. Depuis, elle a envahi la presque totalité du territoire, car elle vole très bien. Comme elle est extrêmement vorace, elle est devenue un ennemi redoutable de nos coccinelles indigènes, car elle n'a aucun prédateur chez nous susceptible de réguler son expansion. L'hiver elle forme des groupes parfois importants qui cherchent un abri contre le froid dans les maisons, les murs, sous les écorces des arbres, etc. Elle est de coloration très variable et présente une grande quantité de motifs colorés différents sur ses élytres dont la photographie ci-dessous donne un aperçu. Nul doute qu'elle colonise les parcs et jardins des Hauts-de-Seine. Harmonia axiridis Drury, 1770 (H. Bouillon / ACOREP) La punaise du pin américaine (Leptoglossus occidentalis Heidemann, 1910) Cet insecte fait partie des hétéroptères ou punaises (Heteroptera Coreidae) et elle se répand actuellement partout où poussent les pins dont elle se nourrit. Totalement inoffensive pour l'homme, elle est très souvent remarquée pour ses pullulations locales.  Leptoglossus occidentalis Heidemann, 1910 (H. Bouillon / ACOREP) Les arachnides Texte d'Emmanuel Delfosse (Muséum national d'histoire naturelle)
La classe des arachnides regroupe divers ordres (11 à 13 suivant les auteurs). Contrairement aux autres arthropodes (myriapodes, crustacés, insectes et autres hexapodes), ils ne possèdent pas de pièces buccales, mais des chélicères. Celles-ci sont des pièces articulées en forme de pinces (scorpions, acariens) ou se terminant par un crochet (araignées). Certains ordres sont venimeux (scorpions, araignées, pseudoscorpions), d'autres non (amblypyges, opilions). Le venin est inoculé de diverses manières : par les pinces (pseudoscorpions), par un crochet situé à l'extrémité de l'abdomen (scorpions), ou par le crochet des chélicères (araignées). Les arachnides sont également caractérisés par un corps scindé en 2 parties principales (bien que cela ne soit pas toujours bien visible chez certains ordres, comme celui des acariens ou bien celui des opilions) : le céphalothorax (qui regroupe la tête et le thorax des insectes) et l'abdomen. Ils possèdent aussi 4 paires de pattes (une paire - voire davantage - peut être absente chez certains acariens), toutes locomotrices. Les deux premières situées près des chélicères sont appelées « pattes mâchoires ». Chez les araignées, le mâle adulte porte des bulbes copulateurs à l'extrémité des chélicères. Chez les scorpions, les individus voient leurs pattes modifiées en pinces (« chélipèdes »).
| | Nombre d'espèces | | Ordre | en France | dans le monde | | Scorpions | 6 | 1922 | | Uropyges | 0 | 108 | | Palpigrades | 9 | 81 | | Amblypyges | 0 | > 159 | | Schizomides | 0 | 258 | | Araignées | > 1 620 | 40 998 | | Solifuges | 0 | 1 095 | | Pseudoscorpions | > 125 | > 3 239 | | Opilions | 134 | > 6 395 | | Opilioacariformes | 0 | 25 | | Ricinules | 0 | 58 | | Acariens & parasitiformes | > 2 000 ? | 48 181 | | Total | > 3 894 | 102 519 |
Il existait davantage d'ordres d'arachnides par le passé, mais nombre d'entre eux ont disparu (haptopodes, trigonotarbides, kustarachnides, anthracomartides, architarbides) et ne sont connus que de quelques rares fossiles. Certains atteignaient des tailles spectaculaires, comme des scorpions plus ou moins amphibies d'un mètre de long ! Mais la plupart des espèces qui ont été découvertes étaient plutôt de taille « raisonnable ». Les ordres les plus connus sont les acariens (aoûtats, tiques, acariens des literies ou du fromage, etc.), les scorpions (6 espèces en France) et les araignées (tégénaires des maisons, pholques des maisons, etc.). Mais d'autres ordres sont présents en France, qui comportent parfois un nombre bien plus restreint d'espèces : nous n'avons par exemple que peu de données sur les palpigrades, qui sont très petits (1 à 2,5 mm de long)... Il en existait autrefois une espèce (probablement importée) dans les serres du Muséum de Paris ; elle a probablement disparu aujourd'hui. Les pseudoscorpions, dont le nombre d'espèces françaises est bien plus important, restent très discrets et de taille également peu importante (entre 2 et 8 mm de long). Certains vivent dans nos maisons, nos bibliothèques ou nos caves. On trouve également les opilions, dont le nombre est du même acabit que celui des pseudoscorpions. Ils ne sont pas bien grands (1 à 25 mm) mais possèdent souvent de longues pattes qui les rendent plus imposants et visibles. Régulièrement confondus avec les araignées, ils portent toutes sortes de surnoms comme celui de « faucheux », entre autres. Aujourd'hui encore, il existe des espèces d'arachnides très impressionnantes par la taille. Les plus spectaculaires et aussi les plus connues sont les mygales. Certaines d'entre elles peuvent ainsi dépasser les 30 centimètres d'envergure [Theraphosa apophysis (Tinter, 1991) ou Theraphosa blondi (Latreille, 1804)], pour un corps de 11 centimètres de long. Les scorpions de grande taille existent également, comme Pandinus imperator (C. L. Koch, 1841), qui peut atteindre les 16 centimètres de long. Les amblypyges possèdent également une envergure impressionnante du fait de leurs très longues pattes, mais le corps reste petit (4,5 à 45 mm). En France, nous possédons quelques belles et grandes araignées, comme Argiope bruennichi (Scopoli, 1772), Pisaura mirabilis (Clerck, 1757), Dolomedes fimbriatus (Clerck, 1757), entre autres.
 Argiope bruennichi (M. Briola - Biotope)
La majorité des ordres d'arachnides sont carnivores, en dehors des acariens et d'une espèce d'araignées de la famille des Salticidae (Bagheera kiplingi Peckham & Peckham, 1896), laquelle se nourrirait à 90 % des boursouflures de l'extrémité des feuilles d'acacias. Un certain nombre d'espèces d'acariens se nourrissent de sang ou de déchets divers (de morceaux de peau, par exemple). Si dans certains pays tropicaux, il existe quelques araignées dangereuses [comme la veuve noire d'Amérique du Nord Latrodectus mactans (Fabricius, 1775) aux États-Unis, Atrax robustus (O.-P. Cambridge, 1877) et quelques autres du genre Hadronyche en Australie], la plupart des araignées restent peu dangereuses ; en France, elles sont quasiment inoffensives. Beaucoup préfèrent la fuite et d'autres encore ne sont pas agressives. La grande majorité ne peut même pas nous mordre ou transpercer notre épiderme ; quelques-unes en sont toutefois capables et émettent un poison pouvant se révéler un peu désagréable, mais sans effet secondaire et jamais mortel. C'est le cas de Segestria florentina (Rossi, 1790), qui se comporte parfois de façon agressive et dont la morsure peut être douloureuse. C'est pareillement le cas de certaines Steatoda. Il existe aussi une veuve noire dans le sud de la France et en Corse [veuve noire méditerranéenne ou Malmignatte, Latrodectus mactans tredecimguttatus (Rossi, 1790)], mais les cas de morsure sont rares et peu notables au niveau des effets. En réalité, les araignées sont souvent accusées à tort des morsures ou piqûres que nous avons sur le corps. Les vrais coupables sont pourtant plus souvent des acariens, des moustiques ou encore des punaises. En général, les araignées laissent deux trous lorsqu'elles mordent. La plupart d'entre elles n'ont d'ailleurs aucun intérêt à agir de la sorte, car leur venin est aussi un « outil » bien plus utile pour capturer des proies. Les araignées sont des animaux très utiles, qui par exemple « débarrassent » nos maisons de nombreuses espèces qui nous importunent. Nous trouvons ainsi chez nous des araignées des genres Pholcus, Steatoda, Clubiona, Segestria, Tegenaria notamment, car elles y trouvent à la fois le « gîte et le couvert » : protégées du froid (notamment durant l'hiver), de la pluie, mais aussi de nombre de prédateurs, elles dénichent toutes sortes de locataires indésirables (cloportes, mille-pattes, papillons, mouches, moustiques, autres araignées, etc.). Et s'il est vrai que leurs toiles ou déjections ne sont pas toujours appréciées, n'oublions pas cependant que nous polluons, détruisons et envahissons de plus en plus leur territoire. Les araignées constituent enfin de véritables indicateurs de la « santé d'un biotope » : si elles se rencontrent en grand nombre, cela signifie que leurs proies sont également abondantes. Les araignées se nourrissent de toutes sortes de proies, moustiques, mouches, papillons, sauterelles, grillons, blattes, coléoptères, mille-pattes, etc., mais parfois aussi d'autres araignées ; certaines sont assez spécialisées dans le choix de leurs proies. Elles serviront à leur tour de proies à d'autres animaux (oiseaux, rongeurs, parasites sous forme de mouches ou de guêpes, etc.). Références :
- DELFOSSE E., 2003. Catalogue des palpigrades de France métropolitaine (Arachnida Palpigradi Eukoeneniidae). Bulletin de Phyllie, 16 : pp. 38-45.
- DELFOSSE E., 2008. Addendum sur les arachnides du monde. II. Le bulletin d'Arthropoda, 38 : pp. 31-36.
- DELFOSSE E., à paraître. Catalogue préliminaire des opilions de France. II. Bulletin de la Linnéenne de Bordeaux.
- DUPRE G., 2010. À propos du nombre de scorpions dans le monde. Bulletin d'Arthropoda, 43 : pp. 23-27.
- STOCKMANN R. & YTHIER E., 2010. Scorpions du monde. NAP : 565 p.
- WEYGOLDT P., 2000. Whip Spiders (Chelicerata : Amblypygi). Apollo Books : 155 p.
Les hétérocères Les hétérocères en France et en Île-de-France Texte de Jean Bréard et Luc Manil (ALF)
En France, on compte un peu plus de 5 000 espèces de papillons, dont environ 250 espèces (5 %) de rhopalocères (ou papillons de jour) et plus de 4 750 d'hétérocères (appelés communément « papillons de nuit », bien qu'un petit nombre d'entre eux volent aussi le jour). Ces hétérocères se divisent en macrohétérocères (environ 1 640 espèces (30 %) d'assez grands papillons de nuit) et microhétérocères (3 100 espèces (60 %), la plupart de très petite taille).
Les papillons de nuit sont actifs toute l'année, y compris pendant les mois les plus froids, mais alors en nombre restreint. Quelques espèces ou groupes d'espèces volent le jour, comme les zygènes et certains sphinx. La palette de couleurs est considérable et certains sont même transparents (sans écailles sur les ailes).
Les papillons se sont adaptés à tous les milieux : ils sont visibles à toutes les altitudes et des milieux les plus secs aux plus humides. On trouve des hétérocères dans les déserts, mais aussi dans les endroits très humides, certaines chenilles de pyrales vivant carrément dans l'eau.
Les chenilles ont su aussi s'adapter à tous les types d'alimentation : les feuilles des arbres et des plantes basses, le tronc des arbres et les grosses branches (cossus), les lichens (eilema), la laine (mites), les nids d'oiseaux ou les terriers de certains rongeurs (microlépidoptères)… Enfin, les papillons de nuit sont aussi des artistes qui crient (sphinx tête-de-mort), qui crissent ou cymbalisent ou encore cliquètent (arctides), qui bourdonnent comme les guêpes ou les frelons, allant même à imiter la livrée de ceux-ci.
Voilà ce que vous réserve ce monde étrange et fascinant que sont les papillons de nuit, à vous de les contempler, de les observer et vous serez émerveillés par ce monde fragile et inconnu.
Comparativement à l'ensemble de la France métropolitaine, l'Île-de-France compte le nombre approximatif d'espèces de macrohétérocères qui figure dans le tableau ci-dessous, espèces réparties en plusieurs familles, dont nous citons les principales :
| Familles (noms vernaculaires) | Familles (noms scientifiques) | France | Île-de-France | | Noctuelles | Noctuidae | 740 | 350 | | Géomètres | Geometridae | 625 | 300 | | Notodontes | Notodontidae | 40 | 32 | | Arctides | Actiidae | 69 | 31 | | Lasiocampides | Lasiocampidae | 30 | 17 | | Drépanides | Drépanidae | 19 | 17 | | Sphinx | Sphingidae | 24 | 13 | | Lymantrides | Lymantriidae | 19 | 10 |
Certaines familles sont moins représentées que d'autres en Île-de-France : les noctuelles, les géomètres et les arctides, en particulier. Cela s'explique par leurs préférences en termes d'habitats, qui ne sont pas tous représentés en Île-de-France et encore moins dans les Hauts-de-Seine (pas de montagnes ni de dunes littorales, très peu de milieux humides et bien évidemment pas de climat méditerranéen).
Par contre d'autres familles comme les notodontes et les drépanides sont proportionnellement mieux représentées dans notre région, car une plus grande proportion de leurs espèces vit en milieu boisé et frais.
Nous n'avons pas assez d'informations pour déterminer le nombre d'espèces d'hétérocères vivant dans le seul département des Hauts-de-Seine, mais on peut l'évaluer à au moins les 2/3 (peut-être les 3/4 ?) des espèces d'Île-de-France, dans la mesure où ce département très urbanisé n'inclut pas la totalité des écosystèmes d'Île-de-France.
Les mollusques Texte de Xavier Cucherat (Biotope)
Les mollusques sont des organismes pluricellulaires (métazoaires) dont le blastopore (orifice reliant l'intestin de l'embryon à l'extérieur) forme primitivement la bouche, ce qui les classe parmi les protostomiens. Au sein de ces derniers, les mollusques se distinguent par leurs larves dont la bouche est entourée par une couronne ciliée (ils appartiennent ainsi aux lophotrochozoaires eutrochozoaires).
Les seuls représentants des milieux continentaux sont les gastéropodes et les bivalves, qui sont considérés comme des eumollusques, ou « mollusques vrais » ; ils possèdent, entre autres :
- une sole pédieuse : il s'agit d'un manteau formant un repli spécial (appelé « pli palléal ») autour du corps de l'animal ;
- des glandes au niveau du manteau, qui sécrètent des spicules calcaires ;
- une coquille d'une seule pièce (ce sont des conchifères) ;
- une région marginale du manteau composée de trois replis parallèles ayant des fonctions différentes dans la sécrétion de la coquille.
Les gastéropodes sont des viscéroconques, c'est-à-dire qu'ils présentent une tête distincte, tandis que les bivalves sont des diasomes, le contraire des gastéropodes, dans la mesure où la tête a disparu.
Importance dans le monde Le groupe des mollusques, particulièrement riche et diversifié, comprend les organismes les plus familiers, tels que les escargots, les moules ou les poulpes, mais aussi les plus étranges et remarquables, comme les solénogastres (mollusques marins en forme de vers) et les caudofovéates (mollusques se tenant la tête en bas dans les sédiments vaseux, à l'aspect vermiforme). Après les « arthropodes » et les « nématodes », il s'agit du troisième clade le plus important en termes d'espèces : entre 80 000 et 100 000 espèces actuelles et fossiles ont été décrites, la part entre les deux étant à peu près égale. Les mollusques colonisent tous les milieux marins et continentaux (terrestres et aquatiques d'eau douce), à l'exception des déserts très secs et des zones arides froides. Importance en France Il serait hors de propos de détailler la richesse spécifique des ordres et des familles des mollusques continentaux à l'échelle mondiale, tant ils sont nombreux et que le nombre d'espèces par ordre et par famille varie d'un auteur à l'autre. En France, en milieu continental, 660 espèces décrites sont recensées, dont 180 endémiques, et en tenant compte des sous-espèces, le chiffre atteint 747 taxons terminaux. Ces taxons se répartissent en cinq ordres pour les gastéropodes et seulement en deux ordres pour les bivalves. Chacun de ces ordres possède de nombreuses familles, parfois représentées par une seule espèce. Les différents « groupes » de mollusques continentaux Les gastéropodes terrestres sont constitués des escargots et des limaces :
- les escargots ont une coquille enroulée qui est très variable d'une famille à l'autre et d'une espèce à l'autre ; bien souvent, le recours à d'autres critères est nécessaire pour identifier les espèces. Certaines d'entre elles, dotées d'un opercule qui ferme la coquille lorsque l'animal se rétracte dedans, constituent les représentants terrestres de familles marines. Les escargots peuplent généralement les milieux frais ou humides, mais certains sont strictement inféodés aux milieux secs ;
- les limaces disposent d'une petite coquille interne. Toutefois, les testacelles sont munies d'une toute petite coquille externe située à leur extrémité postérieure, et a contrario les limaces du genre Arion n'ont pas de coquille, mais seulement des spicules calcaires dans le manteau.
Les escargots et limaces sont généralement des organismes hermaphrodites (mâle et femelle en même temps) hormis les espèces munies d'un opercule, dont les individus femelles sont généralement plus gros que les mâles. La parade nuptiale est plus ou moins complexe selon les espèces : par exemple, l'accouplement des limaces ou de l'escargot de Bourgogne (Helix pomatia) peut durer plusieurs heures. En règle générale, la fécondation est croisée : chaque individu peut s'accoupler plusieurs fois et va pondre ses propres œufs. Il existe toutefois des limaces qui s'autofécondent. Les œufs, riches en vitellus, donnent naissance à des jeunes déjà formés. La durée de vie oscille entre un an (pour les petites espèces de limaces et d'escargots) et 26 ans (pour l'escargot de Bourgogne). Les espèces terrestres sont omnivores, bien que les testacelles et certains escargots terrestres (genres Zonitoides et Oxychilus) sont de redoutables prédateurs de vers de terre ou d'autres escargots.
Tous les milieux terrestres sont colonisés par les escargots terrestres et les limaces, depuis les milieux chauds et secs des garrigues ou des dunes jusqu'au sommet des glaciers, ainsi que les grottes et cavernes. Les espaces urbains sont indifféremment colonisés, surtout par des espèces ubiquistes (limaces en particulier). C'est dans le milieu aquatique d'eau douce que l'on rencontre à la fois les bivalves et les gastéropodes (ces derniers uniquement représentés par des escargots). Les bivalves correspondent aux moules. Ils sont représentés par de grandes espèces, les mulettes (dont le cycle biologique très complexe fait intervenir un poisson hôte), ainsi que par des espèces de petite taille pratiquant la viviparité ou libérant des larves flottantes dans la colonne d'eau pour se reproduire : on citera par exemple la moule zébrée (Dreissena polymorpha), venue de la mer Noire ou la corbicule asiatique (Corbicula fluminea) provenant d'Asie du Sud-Est. Chaque bivalve partage le trait commun d'avoir une coquille divisée en deux valves, une droite et une gauche, maintenues entre elles par un ligament souple et de puissants muscles adducteurs. Ces organismes filtrent la colonne d'eau au niveau de leurs branchies. Chez les mulettes, les branchies servent aussi de poche incubatrice (marsupium) pour les larves avant qu'elles ne parasitent les poissons hôtes. Les sexes sont généralement séparés, mais il existe des exceptions : dans une même espèce coexistent des spécimens hermaphrodites et d'autres uniquement femelles. Les gastéropodes aquatiques sont soit pulmonés soit respirent à l'aide de branchies. Les pulmonés, hermaphrodites, pratiquent la fécondation croisée, alors que les espèces munies d'un opercule sont à sexes séparés. Les coquilles d'escargots aquatiques présentent des formes très variables, allant du disque à la troque, en passant par le bonnet phrygien. La forme est souvent liée à l'appartenance à une famille, mais des exceptions existent, surtout en milieux chauds. Néanmoins, c'est l'organisation interne et la structure des organes génitaux qui servent de base taxonomique. Des espèces indicatrices de l'évolution des milieux Les mollusques continentaux répondent parfaitement aux critères d'espèces indicatrices et sont particulièrement adaptés au suivi de l'évolution des milieux. Les mollusques présentent l'avantage, pour l'évaluation et la caractérisation des milieux, que leur identification est relativement aisée et qu'ils sont de bons indicateurs de l'histoire des milieux et des conditions écologiques. Ils laissent généralement une trace fossile et peuvent être observés toute l'année. Enfin, leur récolte peut être effectuée de façon répétitive par différents observateurs, selon des méthodes standardisées.
L'identification des mollusques continentaux est relativement aisée. À ce jour, il existe un certain nombre d'ouvrages accessibles. Qu'ils soient en anglais, en allemand ou en français, ils donnent des critères utilisables par le néophyte. Dans la majorité des cas, l'identification peut être effectuée à partir de la coquille ; néanmoins, la variabilité de la coquille de certaines espèces nécessite le recours à la dissection anatomique (organes génitaux). Par ailleurs, chez certains groupes de limaces, la couleur n'est pas un critère de diagnostic et le recours à l'examen des organes génitaux est dans ce cas fortement recommandé. La faible mobilité des mollusques terrestres et leur grande dépendance par rapport aux conditions de leur microhabitat font qu'ils reflètent bien l'histoire d'un milieu et de son évolution. La sensibilité des espèces aquatiques aux paramètres physico-chimiques des eaux ainsi qu'à la structure des habitats est intéressante pour la caractérisation écologique des milieux aquatiques. Le mode de développement des gastéropodes est direct : cela signifie que l'ensemble du cycle de vie se déroule dans un même site. Cette caractéristique permet d'effectuer des suivis de populations de manière plus évidente que pour des invertébrés à cycle indirect.
À l'exception des milieux acides, la coquille des mollusques continentaux se conserve bien dans le sol. Chez les limaces, étant donné l'absence de critères spécifiques de la limacelle (petite lamelle de calcaire recouverte par le manteau derrière la tête), l'identification des limaces historiques d'un site est impossible : seul le rang de la famille est accessible. Les Arionidae ne laissant aucune trace fossile, leur présence ancienne ne peut être attestée. À l'inverse des autres invertébrés, les mollusques offrent l'avantage d'être présents toute l'année. Toutefois, certaines espèces ne sont observables vivantes qu'en automne (Vitrina pellucida et les espèces du genre Phenacolimax). Compte tenu de leur forte dépendance vis-à-vis des conditions météorologiques globales, les limaces ne sont pas toujours récoltées en même temps que les escargots et nécessitent des campagnes spécifiques (de nuit et par temps humide). Une faune en danger Nous avons vu que la malacofaune française est riche et diversifiée. Toutefois, les mollusques continentaux font partie du groupe animal qui connaît le plus d'espèces éteintes et menacées de disparition. Ce phénomène de disparition des espèces ne touche pas seulement les milieux insulaires et tropicaux, mais également ceux de nos latitudes. La destruction des habitats, la pollution, l'introduction d'espèces de mollusques exotiques, le ramassage des espèces et la disparition des espèces hôtes constituent les principaux facteurs d'extinction de ces organismes. Cette sensibilité se traduit par l'importance des espèces de mollusques dans les listes d'espèces protégées et menacées à différentes échelles géographiques. En France, pas moins de 50 espèces sont inscrites sur la liste rouge mondiale... Et cette liste n'a pas été réévaluée depuis 2000 ! Les Hauts-de-Seine : un département « vierge » Il existe très peu de données récentes à l'échelle du département des Hauts-de-Seine. L'essentiel des observations sont très anciennes, détaillées dans les œuvres naturalistes de la fin du XIXe siècle ou conservées sous forme de coquilles dans les collections des musées d'histoire naturelle. Depuis cette époque, la malacofaune a très certainement fortement évolué et largement été modifiée. Certains taxons ont sans doute disparu de leurs localités anciennes et d'autres ont sûrement été introduits par les activités humaines, mais rien n'est connu et tout reste à découvrir.
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