Les bassins filtrants du parc du Chemin-de-l'Ile
04/06/2009
Une usine naturelle

CP : CG92 / Alexandre Petzold
À partir de la Maison du parc du Chemin-de -’Ile, un ponton en bois invite les promeneurs à cheminer le long des "marais urbains". Outre leur aspect esthétique, ces sept bassins aménagés sont en réalité une véritable usine à dépolluer l'eau de la Seine !
Comment ça marche ?
L’eau est nettoyée en 3 étapes :
1. L'eau de la Seine est pompée par cinq vis d’Archimède (ou vis sans fin) : une vis pompe l’eau du fleuve et les quatre autres l’acheminent jusqu’au bassin le plus élevé.
2. Les sept bassins sont disposés en cascade, ce qui permet à l'eau de s'écouler naturellement d'un bassin à l'autre. C'est pendant ce parcours que l'eau est progressivement épurée : dans les deux premiers bassins, les végétaux aquatiques filtrent et absorbent les charges organiques et les germes. Les bassins suivants laissent la place aux plantes qui dégagent de l’oxygène et maintiennent ainsi la qualité de l’eau.
3. Le dernier bassin présente une chute d’eau et un mur végétal.
Le processus de filtrage est alors accompli. Empruntant un contre-fossé, une partie de l'eau purifiée retourne dans la Seine, tandis que l'autre est acheminée vers les jardins familiaux, grâce à l'éolienne qui se trouve dans la partie nord du parc.

Comment l'eau est-elle dépolluée par les plantes ?
Chacune des espèces végétales joue un rôle différent dans la chaîne d'épuration de l'eau.
Les roseaux présents dans les premiers bassins sont les plantes filtrantes les plus utilisées au monde pour dépolluer les eaux usées des polluants organiques. Transportant de l’oxygène pur dans leurs rhizomes, elles sont très performantes pour traiter les charges en azote.
Le nénuphar permet d’accroître le taux d’oxygène dissout dans l’eau. Il sert également de "sentinelle" car il ne pousse que dans une eau très propre.
Sa présence dans le troisième bassin indique donc qu’à ce stade, la qualité de l'eau s’est nettement améliorée !
En quoi ces bassins sont-ils aussi un atout pour la biodiversité ?
Ces bassins constituent également un important réservoir de biodiversité pour la faune aquatique. Rousserolles effarvattes (inféodées aux roselières), poules d’eau, hérons cendrés, hirondelles, grenouilles, libellules de tous genres y trouvent un site favorable et participent à l’équilibre de cet écosystème. Les nénuphars servent également de support pour les larves de libellules qui commencent leur vie dans l’eau.
Que devient l'eau épurée après son passage dans les bassins filtrants ?
Au-delà des bassins, le site prend des allures de parc paysager. Les formes régulières et minérales des bassins cèdent peu à peu la place aux prairies fleuries au printemps et, en été, aux berges sinueuses du contre-fossé où viennent chasser les hirondelles, à des arbres isolés et des haies d’essences variées.
Le parcours du contre-fossé se termine dans l’étang du "Jardin des Touradons", à l’extrémité nord du parc. L’eau y est remontée par une éolienne et transportée vers les jardins familiaux, où elle est utilisée pour l’arrosage.
Ensuite, l’eau épurée et réoxygénée peut retourner à la Seine. Elle contribue ainsi à l’établissement d’habitats naturels propices à la reproduction et à l’alimentation de la faune aquatique.