Petit voyage dans le temps : des cascades de Le Nôtre à aujourd'hui.

CG92 / Willy Labre
André Le Nôtre, jardinier du roi Louis XIV, aménagea le domaine de Sceaux pour Jean-Baptiste Colbert et son fils entre 1670 et 1691. Il en fit l'un des plus beaux jardins de France, créant notamment un jeu subtil de terrasses et de cascades en exploitant le relief accidenté. Explications avec Marianne de Meyenbourg, conservateur au musée de l'Île-de-France, et Jean-Michel Cuzin, chargé de recherche sur le domaine de Sceaux.
Au sommaire
» L'oeuvre de Le Nôtre : des cascades exceptionnelles
» La construction d'un réseau hydraulique d'envergure
» Et aujourd'hui ?
La construction d'un réseau hydraulique d'envergure

CG92 / Willy Labre
Le domaine de Sceaux disposait de peu de ressources en eau. Le Nôtre a donc entièrement créé un réseau hydraulique d’une envergure exceptionnelle.
Un réseau qui fonctionne entièrement par écoulement naturel
On sait, par un état des lieux au moment de l’achat du domaine en 1670, que celui-ci ne comptait alors que quelques sources et un puits. Situé au sommet d’une colline, on n’y trouve peu d’eau. Le Nôtre, aidé du fontainier Nicolas Le Jongleur, va aller la chercher dans les communes environnantes, situées à une altitude légérement supérieure. Ils conçoivent ainsi un système hydraulique relativement simple, pour capter les sources et réunir les eaux de ruissellement des hauteurs de Fontenay-aux-Roses, Le Plessis-Piquet et Châtenay. Le réseau, utilisant une assez faible mais suffisante déclivité, fonctionnait donc uniquement par gravitation, sans aucun moulin ni pompe.
Trois conduites construites successivement entre 1675 et 1690
La première conduite construite captait les sources des Vaux-Robert, lieu-dit situé à la limite de Fontenay-aux-Roses et du Plessis-Piquet. Les eaux étaient stockées dans un réservoir qui existe encore, derrière l’église du village de Sceaux. En 1680, Colbert fait ensuite construire un bassin de retenue des eaux fluviales au Plessis-Piquet. C’est l’actuel jardin de l'étang Colbert. Un système de rigoles permettait de drainer les eaux de ruissellement. Afin que les eaux potables venues des Vaux-Robert ne se mélangent pas aux eaux non potables issues du bassin, une nouvelle canalisation, distincte de la première est construite qui aboutissait au réservoir du moulin (parc de la Ménagerie) Enfin, une troisième canalisation fut établie pour capter les sources très abondantes de la seigneurie d’Aulnay. Ces eaux, qui étaient potables, arrivaient au réservoir de l’église comme les eaux des Vaux-Robert.
La construction du Grand Canal
Les eaux terminaient leur course dans le grand Canal, longue pièce d’eau de plus d’un kilomètre de long, creusée pour le marquis de Seignelay, le fils de Colbert, en 1688. Il était alimenté grâce au détournement des rus de Châtenay et d’Aulnay et relié à l’Octogone par un bras perpendiculaire.
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A voir dans le parc
Tous les jours à partir de 11h, les jets animent les 9 bassins historiques du parc : le bassin de l'Olympe et les cascades du Petit Château, les deux bassins du Château, ceux des Pintades, des Enfants, des Taureaux, de l'Octogone, ainsi que celui du Jardin de l’orangerie. Ils fonctionnent en circuit fermé. Les grandes cascades et le bassin de la Duchesse fonctionnent les mercredis, samedis, dimanches et jours fériés. |
Pour plus d'informations
Parc et Musée de l’Ile-de-France
Château de Sceaux
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