Il existe de nombreuses raisons de ne pas cueillir les fleurs sauvages qui ont poussé sur les talus et ronds-points de nos villes depuis le début du printemps. C’est joli, cela valorise les quartiers et surtout, c’est bon pour la biodiversité !
Vous avez peut-être remarqué que des miniprairies de fleurs sauvages se sont mises à pousser dans votre ville. De nombreuses initiatives communales et associatives favorisent l’embellissement des quartiers tout en sensibilisant les habitants à l’importance de la biodiversité, et plus encore cette année car 2010 est « l’Année de la biodiversité » !
Les bonnes raisons de ne pas cueillir les fleurs sauvages dans nos villes
> Parce que 2010 est l'Année de la biodiversité
La biodiversité est une condition essentielle du maintien du développement durable.
La biodiversité, c’est la diversité naturelle des organismes vivants :
- diversité des écosystèmes, des espèces, des populations et des gènes dans l'espace et dans le temps ;
- organisation et répartition des écosystèmes aux échelles biogéographiques.
Elle fournit tout l'oxygène vital que nous consommons, tout ce que nous mangeons (cultures vivrières, bétail, poissons...) ; elle contribue à l'épuration et au cycle de l'eau, ainsi qu'aux grands cycles biogéochimiques et à la régulation climatique.
Elle fournit des fibres pour l'habillement, du bois-énergie pour le chauffage, la construction d'habitations, la papeterie. Elle produit ou inspire des médicaments.
La biodiversité doit être considérée comme un patrimoine naturel vital, liée aux besoins de l’homme et à sa santé, son alimentation… et sa richesse.
Son aspect économique n'est par ailleurs pas négligeable car la biodiversité peut être utilisée pour fabriquer des produits agroalimentaires, pharmaceutiques, cosmétiques…
Maintenir la biodiversité est essentiel pour le développement durable. C’est pourquoi il faut prendre grand soin de la nature qui nous entoure.
Les fleurs sauvages apparues de nouveau dans nos quartiers permettent notamment de ramener vers nous des insectes qui jouent un rôle essentiel dans la pollinisation. Une étude récente montre même que la disparition des papillons dans une zone donnée est liée à l'absence ou à la dégradation de la biodiversité dans cette même zone. La présence ou l'absence de papillons serait donc un bon indice de mesure de la biodiversité !
Pas de bouquets dans nos maisons donc où les insectes ne rentrent pas !
> Parce que c'est bon pour le moral de voir du vert dans sa ville
Vivre au contact de la nature apporte apaisement et bien-être. C’est un bon moyen de se ressourcer aussi et d’embellir les quartiers.
> Pour réapprendre à observer la nature ordinaire… et trouver cela extraordinaire !
Un coquelicot entre deux pavés, un pissenlit sur la route dans une fissure, une ortie le long d’un mur ou d'un grillage, un papillon à sa fenêtre… c’est « ça » la richesse de la biodiversité !
À la découverte de la biodiversité dans les quartiers
Les villes jouent un rôle important pour la sauvegarde de la richesse et de la diversité biologique. Le béton peut parfois accueillir un peu de nature sauvage et offrir des coins, recoins insolites et refuges à la faune et la flore.
À cet égard, l’opération "Laissons pousser", lancée au printemps dernier et portée par l’association du même nom, a notamment favorisé l’engagement des communes et des citoyens.
Dans les Hauts-de-Seine, les villes de Bagneux, Clamart, Fontenay-aux-Roses, Malakoff et Nanterre se sont associées au projet et les habitants ont pu semer en bas de chez eux les 17 espèces de fleurs sauvages contenues dans chaque sachet sélectionnées par des naturalistes experts en la matière.
Ces espèces ont été choisies par ces experts parmi la flore locale, en prenant garde d’éviter les espèces invasives. Ce mélange contient 50 % de fleurs résistantes, capables de pousser sur un sol pauvre, et 50 % de graminées, ces herbes folles typiques des prairies.
« Laissons pousser » dans les Hauts-de-Seine
Bagneux
Tout au long de la saison, les écoles, les centres de loisirs, les conseils de quartier ont semé les 17 espèces des sachets. Des espaces ont été libérés le long du parc François Mitterrand, sur le parcours piéton qui relie la station RER Bagneux au centre-ville, par la rue des Blains… Dans cette rue, le service des Espaces verts est parti en chasse des pavés décelés pour que les habitants puissent semer dans les interstices des marguerites et des coquelicots.
Clamart
20 hectares d’espace forestier en plein cœur de la ville, c’est exceptionnel !
Un terrain municipal qui accueille un jardin solidaire et emploie des personnes en insertion tout en permettant aux voisins de cultiver un jardin partagé, c’est précieux !
Avec l’opération "Laissons pousser", ce sont en plus les 5 écoles maternelles de la ville qui se sont mobilisées et les élèves ont planté en avril dans leur cour de récréation les espèces sauvages des sachets.
Puis à la mi-mai, les riverains de la rue Pierre Corby ont semé les pieds d’arbres.
Fontenay-aux-Roses
Toutes les écoles de la ville sont dotées d’un jardin potager. Les jardiniers municipaux y interviennent régulièrement pour conseiller les écoliers sur la meilleure façon de faire pousser leurs légumes.
Les élèves des 6 écoles maternelles ont donc naturellement participé à l’opération "Laissons pousser" et ont semé les graines.
Ajouter des plantes mellifères à la biodiversité de leurs jardins pédagogiques devrait aider leurs tomates à pousser. Tous les habitants qui l’ont souhaité ont pu se procurer des graines et les semer dans leur rue.
Malakoff
Malakoff s’est engagée dans la campagne "Laissons pousser" en compagnie des trois autres communes de la communauté d’agglomération Sud de Seine : Bagneux, Clamart et Fontenay-aux-Roses.
À Malakoff, ce sont les écoliers qui ont semé, notamment dans le jardin potager de leur cour d’école attirant ainsi butineuses et papillons.
Trois lieux sont investis :
- la maison de l’enfant qui accueille les petits pendant les vacances ;
- l’école maternelle ;
- l’école élémentaire Henri Barbusse.
Nanterre
La ville mène depuis plusieurs années une politique d’éco-jardinage. Depuis 3 ans, pas à pas, dans les 286 espaces verts de la commune, on jardine différemment : plantation de prairies fleuries, arrosage raisonnable, limitation des produits phytosanitaires, diversification du nombre d’espèces plantées, végétalisation des pieds d’arbres, installation de ruches… Et dans les crèches, les écoles et les centres de loisirs, les légumes se sont mis aussi à pousser.